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Au Québec, le décès d’un actionnaire entraîne généralement une disposition réputée de ses actions à leur juste valeur marchande. Cela peut générer un gain en capital imposable dans la déclaration finale du défunt. Selon la structure de l’entreprise, une imposition supplémentaire peut survenir lors du versement des sommes à la succession.
En résumé
Au décès d’un actionnaire, une disposition réputée peut déclencher un gain en capital imposable à la juste valeur marchande. Une seconde imposition peut survenir selon la façon dont les fonds sont distribués à la succession. L’impact fiscal dépend fortement de la structure corporative et de la planification préalable. Certaines stratégies fiscales existent, mais leur efficacité dépend de conditions précises.
Quand on examine l’impôt au décès d’un entrepreneur au Québec, l’enjeu dépasse rapidement le simple calcul fiscal. Il touche aussi la continuité de l’entreprise et la protection des proches. Trois éléments doivent alors être coordonnés : la structure corporative, les liquidités disponibles et la convention entre actionnaires.
⚠️ Avis de non-responsabilité fiscale
Le contenu est fourni à titre informatif uniquement. La fiscalité successorale et corporative dépend de la structure propre à chaque entreprise. Une analyse personnalisée est nécessaire. Ce texte ne constitue pas un avis fiscal, juridique ou comptable.
Pourquoi un impôt survient au décès d’un actionnaire

Lorsqu’un actionnaire décède, ses actions ne disparaissent pas. Elles deviennent généralement un actif de sa succession. Sur le plan fiscal, le décès peut créer une vente présumée, même si aucune vente réelle n’a eu lieu.
Cette disposition réputée peut déclencher un gain en capital, calculé selon la juste valeur marchande des actions. Ce gain peut être imposable dans la déclaration finale du défunt, selon les règles fiscales applicables.
Le problème devient plus complexe lorsque les actions appartiennent à une société privée. La succession détient alors des actions, mais elle peut avoir besoin de liquidités. Les associés survivants peuvent aussi vouloir racheter les actions.
Si le rachat, la liquidation ou la distribution des fonds est mal coordonné, une seconde imposition peut apparaître. C’est ce qu’on appelle souvent la double imposition au décès d’un actionnaire.
Schéma de la double imposition possible
Le mécanisme de disposition réputée
La disposition réputée est une fiction fiscale. Elle suppose que certains biens ont été disposés immédiatement avant le décès, même s’ils n’ont pas été vendus.
Pour un actionnaire, cette règle peut viser les actions détenues dans une société. La valeur utilisée est généralement la juste valeur marchande au moment du décès.
Si cette valeur est supérieure au coût fiscal des actions, un gain en capital peut être constaté. Ce gain peut ensuite se retrouver dans la déclaration finale du défunt.
Tout dépend alors de l’évaluation des actions. Une société active, une société de gestion ou une compagnie de gestion peut détenir plusieurs actifs. Surplus, placements et participations peuvent influencer la valeur.
Il ne faut pas réduire l’analyse à un taux d’impôt. Le résultat dépend de la structure, des actions, des liquidités, des dettes, des conventions et des règles fiscales applicables.
Déduction pour gains en capital : un levier à vérifier
Avant d’envisager une réorganisation post-mortem, il faut vérifier si les titres sont admissibles à la déduction pour gains en capital (DGC). Cette déduction peut s’appliquer à certains gains en capital imposables admissibles, selon les conditions prévues. Elle ne doit pas être présumée. L’admissibilité dépend des actions, de la société et des règles applicables. Les renseignements de l’ARC sur la déduction pour gains en capital rappellent l’importance de cette vérification.
Article 164(6) et traitement des pertes
L’article 164(6) de la LIR peut être pertinent dans certaines situations de fiscalité post-mortem. Il découle de la Loi de l’impôt sur le revenu du Canada.
De façon générale, ce mécanisme peut permettre de transférer une perte en capital vers la déclaration finale du défunt. Il vise certains cas où les actions sont rachetées ou liquidées par la succession.
Son application n’est toutefois pas automatique. Elle dépend du type de succession, du traitement des actions, du calendrier et des conditions prévues. Le paragraphe 164(6) de la LIR encadre ce choix et les échéances applicables.
Dans le contexte d’un rachat d’actions au décès, la succession peut recevoir un montant de la société. Selon la structure, ce traitement peut créer une perte en capital et un dividende réputé.
Chaque cas demande donc une analyse précise. Une planification faite avant le décès facilite souvent le travail des fiscalistes, comptables et conseillers concernés.
Pour approfondir le volet fiscal corporatif, consultez aussi l’article sur l’optimisation fiscale corporative.
Stratégie de type pipeline

La stratégie pipeline post-mortem est une approche corporative plus avancée. Elle vise généralement à transformer une situation de succession en extraction plus ordonnée de la valeur corporative.
Elle peut impliquer le transfert des actions vers une société de portefeuille. Cette structure est parfois appelée société de gestion ou compagnie de gestion au Québec.
Un billet ou un mécanisme semblable peut ensuite servir à encaisser progressivement les fonds. Le calendrier et les flux de fonds doivent rester cohérents.
Cette stratégie ne doit jamais être présentée comme une solution garantie. Elle peut être examinée selon les règles anti-évitement, dont l’article 84.1 et les principes généraux applicables.
L’entrepreneur ne devrait pas choisir seul entre l’article 164(6) et une stratégie de type pipeline. L’essentiel est de savoir que ces options de planification post-mortem existent. Comme chaque structure est unique, une analyse fiscale et corporative personnalisée reste nécessaire.
Testament et roulement au conjoint : reporter n’est pas éliminer
Un testament bien rédigé peut orienter la transmission des biens. Il ne règle pas seul la fiscalité post-mortem d’une société privée. Dans certains cas, un roulement au conjoint peut reporter l’impôt au décès. Ce report dépend toutefois des conditions applicables et de la structure détenue.
Il ne fait toutefois pas disparaître l’enjeu. L’impôt peut refaire surface lors d’une vente, d’un rachat ou d’une distribution. La gestion de l’impôt au décès d’un entrepreneur au Québec ne se résume donc pas à une formule unique. Elle repose plutôt sur la coordination du testament, de la convention entre actionnaires, de la fiscalité, de l’assurance et des liquidités.
Tableau comparatif des approches
Ce tableau résume des approches générales. Il ne remplace pas une analyse fiscale, juridique ou comptable adaptée.
| Stratégie | Mécanisme | Délai | Effet fiscal général |
|---|---|---|---|
| Sans planification | Disposition réputée suivie d’une distribution mal coordonnée. | Aucun calendrier structuré. | Risque d’imposition personnelle et d’imposition additionnelle. |
| Déduction pour gains en capital (DGC) | Vérification de l’admissibilité des actions admissibles de petite entreprise. | À analyser avant ou pendant la planification successorale. | Peut réduire certains gains imposables admissibles, sous conditions strictes. |
| Article 164(6) de la LIR | Utilisation possible d’une perte en capital par la succession. | Dépend des conditions et délais fiscaux. | Peut réduire certains effets de double imposition dans des cas précis. |
| Pipeline post-mortem | Réorganisation corporative avec société de portefeuille ou société de gestion. | Généralement plus long et structuré. | Peut permettre une extraction plus ordonnée, sous réserve des règles applicables. |
Assurance vie corporative et CDC

Une assurance vie corporative peut aider à créer des liquidités au décès d’un actionnaire. Elle ne règle pas la fiscalité à elle seule, mais elle peut soutenir la structure.
Lorsqu’une société reçoit un capital décès, une portion peut être ajoutée au compte de dividende en capital, selon les règles fiscales applicables. Ce compte est souvent appelé CDC.
Dans certaines situations, le CDC peut permettre le versement de dividendes en capital non imposables aux actionnaires ou à la succession. Le montant disponible doit toutefois être calculé correctement.
L’assurance vie corporative peut aussi contribuer au financement du rachat d’actions au décès. Elle doit alors être coordonnée avec la convention entre actionnaires et les besoins de liquidité.
La coordination est déterminante. Une police mal détenue, avec le mauvais bénéficiaire désigné, peut créer des effets inattendus. Le même risque existe si elle est mal arrimée à la convention.
Pour comprendre le rôle possible de l’assurance dans la liquidité corporative, voir aussi le concept de l’Infinite Banking.
Convention d’actionnaires et planification

La convention entre actionnaires joue un rôle majeur au décès d’un associé. Elle peut prévoir qui rachète les actions, comment la valeur est déterminée et quand le paiement doit être fait.
Une convention unanime des actionnaires peut aussi encadrer certaines décisions importantes. Son contenu doit être rédigé et validé par les professionnels juridiques appropriés.
Sur le plan financier, une convention ne suffit pas. Elle peut prévoir un rachat, mais encore faut-il que les liquidités soient disponibles au bon moment.
C’est ici que la fiscalité, l’assurance vie corporative, la société de portefeuille et la planification successorale doivent se parler. Sinon, la succession peut recevoir un actif difficile à gérer.
Une bonne convention peut réduire les conflits entre héritiers et associés survivants. Elle peut aussi protéger la continuité de l’entreprise après le décès d’un actionnaire.
Ce sujet se rattache directement à la planification de la relève d’entreprise au Québec, surtout lorsqu’un décès force un rachat de parts.
Conclusion
Le décès d’un actionnaire au Québec peut créer un enjeu fiscal important. Mais l’impôt n’est qu’une partie du problème.
La succession, les associés, la société, la convention, les liquidités et l’assurance doivent être coordonnés. Sans planification, les décisions arrivent souvent dans l’urgence.
Certaines stratégies peuvent aider à gérer le risque de double imposition. L’article 164(6), le pipeline post-mortem, la DGC et le CDC doivent toutefois être analysés avec prudence.
Pourquoi en parler avec Équipe Tommy Colombo ?
Équipe Tommy Colombo accompagne les entrepreneurs de la Rive-Sud, de Brossard et de la Montérégie. Son approche intègre protection, optimisation corporative et planification patrimoniale.
Dans un scénario de décès d’actionnaire, l’enjeu n’est pas seulement fiscal. Il faut aussi coordonner les liquidités, l’assurance vie corporative, la convention entre actionnaires et les professionnels concernés.
L’Équipe ne remplace pas le fiscaliste, le comptable, le notaire ou l’avocat. Elle aide plutôt à structurer les bonnes questions financières et assurantielles avant qu’une décision urgente ne s’impose.
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